LE CAMPING EN OCTOBRE

L’OsstidBurn aura lieu à la mi-octobre cette année, au milieu de l’automne. Il est probable que nous camperons au froid et ça sera la première fois de plusieurs d’entre vous.

D’ici à ce que l’événement ait lieu, nous allons publier des informations dans le but de vous sensibiliser aux enjeux reliés au froid, de vous aider à vous préparer, et de vous mettre au courant de certaines erreurs typiques en camping au froid.

Pour l’instant, voici l’essentiel:

  1.  Le camping au froid est un défi différent du camping d’été. La température peut influencer votre expérience, positivement ou négativement; dans les deux cas, ce sera mémorable.
  2. Le camping au froid est également différent des sports d’hiver tels que le ski et la raquette. L’immobilité et l’alcool peuvent vous voler une quantité de chaleur équivalente à une différence de 15 à 20 degrés celsius.

Vous devriez viser non seulement la sécurité, mais également le confort. Les limites de température écrites sur vos sleeping bags sont pour atteindre la sécurité et non le confort. Elles font également certaines assomptions favorables par exemple que vous irez au lit avec une tuque.

Vaut mieux se donner une belle grosse marge, par exemple en combinant plusieurs sleeping bags ou en portant un manteau d’hiver la nuit.

MAIS POURQUOI EST-CE QUE JE VOUDRAIS CAMPER AU FROID ?

Le camping au froid est un défi inhabituel. Certains participants apprécieront sans doute l’opportunité de se tester, de prouver qu’ils sont non seulement capables de le faire mais également d’y prendre plaisir.

Mais il y a d’autres raisons au-delà du défi. Pour ceux qui aiment s’enrouler de couvertures et de manteaux, ça sera l’occasion de s’enrober dans un cocon épais consistant de tous les trucs chauds en votre possession – toute une expérience! Et se réveiller avec un chocolat chaud auprès du feu n’est pas mal non plus.

EST-CE QU'IL Y A UN RISQUE QUE JE REGRETTE LE CAMPING AU FROID ?

Si oui, ce ne sera pas à cause des petits problèmes. Peut-être que vous allez vous réveiller un matin et trouver des morceaux de glace flottant dans votre eau. Ou peut-être que vous allez faire l’erreur – d’ailleurs très commune – de chauffer vos pieds auprès du feu sans enlever vos bottes, et ainsi faire légèrement fondre vos semelles. Peut-être que votre tente n’est plus aussi imperméable qu’elle l’était, et que votre paire de bas propres est dans une flaque d’eau glacée. C’est la vie!

Si les choses vont mal niveau camping cette année, ça sera parce que vous n’avez pas amené assez de chaleur. Et si les choses vont *très* mal, ce sera parce que – et c’est là la partie cruciale – vous n’êtes pas allé chercher de l’aide alors que vous en aviez besoin.

Il arrive souvent que les gens se cachent quand ils souffrent des éléments, même au point où ça peut en devenir dangereux pour la vie. C’est possible que vous trouviez l’idée d’aller chercher de l’aide humiliante; vous aviez cru que vous étiez prêt mais vous ne l’étiez pas, et maintenant vous ne voulez pas en faire le problème de quelqu’un d’autre.

Si vous vous retrouvez dans cette situation, il est vraiment important d’aller chercher de l’aide. Surtout, promettez-vous de le faire si vous ou quelqu’un autour de vous vivez des grelottements incontrôlables et prolongés; ou si vous perdez la sensation dans vos extrémités.

C'EST FROID COMMENT EN OCTOBRE ?

Les températures devraient atteindre autour de 10 °C en journée, et approcher 0 °C la nuit. En moyenne risque de tomber en dessous du point de congélation un peu moins que la moitié des nuits.[1]

Pour ce qui s’agit de la pluie, la variation d’année en année est énorme; on pourrait avoir de la pluie à chaque jour, ou pas de pluie du tout. En moyenne il pleut la moitié des jours d’Octobre.[2]

[1] https://climate.weather.gc.ca/climate_normals/results_1981_2010_e.html?stnID=5300&autofwd=1

[2] https://www.weather-atlas.com/en/canada/montreal-weather-october

LES SUBSTANCES ET LE FROID

On peut choisir de consommer des substances psychoactives pour différentes raisons. Ça peut être pour célébrer, pour vivre une expérience de connexion profonde, ou tout simplement pour le plaisir.

Ces substances ne sont pas sans risques. Il existe toujours un dosage à partir duquel le plaisir et l’épanouissement cèdent du terrain, et l’expérience devient purement axée sur gérer le “high”. Cette limite varie largement basé non seulement sur la substance en question, mais également sur des facteurs comme l’état émotionnel, la fatigue, etc. Dépasser cette limite peut engendrer des conséquences d’une sévérité variée, allant du simple inconfort aux traumatismes, séquelles permanentes, ou même la mort.

Si tu décides de consommer de la drogue, c’est ta responsabilité personnelle que de gérer ta santé et ton bien-être. Et effectivement, la vaste majorité de ceux qui choisissent de consommer en événement s’acquittent de cette responsabilité haut la main. Alors pourquoi est-ce qu’on le mentionne?

Brièvement, parce que le froid change complètement le calcul du risque. Au froid, ta tolérance pour certaines substances risque d’être drastiquement diminuée. Et si tu te retrouves en instance de crise, les enjeux sont substantiellement plus élevés. (Par une belle nuit d’été, si tu “crash” dans un fossé, tes chances de te réveiller vivant le matin sont assez bonnes. C’est moins vrai au milieu de l’automne.)

Certaines catégories de drogues deviennent particulièrement dangereuses. Les sédatifs comme l’alcool, le Xanax, le GHB et les opiacés peuvent interférer avec la capacité à reconnaître qu’on a besoin d’aide; et même une fois ce besoin reconnu, avec la capacité à aller chercher de l’aide.

Si tu choisis d’utiliser des sédatifs à un événement de camping automnal, on te recommande de drastiquement réduire les dosages pour ta propre sécurité, ainsi que pour celles des gens avec qui tu consommes (si applicable). Et si quelqu’un qui a pris une grosse dose de sédatifs venait à disparaître, envisagez la possibilité qu’ille soit dans le trouble, et considérez potentiellement mettre sur pause ce que vous étiez en train de faire pour partir à sa recherche.

Malgré ces enjeux, il est certainement possible de consommer de manière sécuritaire, confortable et agréable à un événement extérieur en automne. Je conclus avec un conseil rapide: s’habiller pour la nuit avant de consommer! C’est un tout autre défi que d’enlever plusieurs couches pour mettre des sous-vêtements thermaux quand on est dans un état altéré.